A travers les rideaux d'un Mistral qui sournoise les os graciles, la plainte torturée des maisons de pierre vagit dans le lointain.
Le feu frissonne dans les âtres bleuis.
La froidure hivernale d'un Midi de la France balayé par une danse dégingandée jubile.
Polichinelle grimaçant, le rictus du vent occitan farde de son souffle d'argent nos lèvres aux étoiles exsangues.
mardi 17 janvier 2017
vendredi 13 janvier 2017
Outre Mère
Se souvenir des Eaux de mars de Carlos Jobim "chuva da tarde" languissantes pluies brésiliennes moussons indiennes femmes Saris du Sri Lanka Aborigènes nez en pied de marmite d’Alice Springs.
Les voyages ont paré de bijoux mordorés ta musique.
Mélopée pastel.
De retour au pays maternel, tu
écoutes jacasser les pies et le bruissement de l’oiseau qui volète à travers
les branches de l’Olivier taillé, seconde peau à l’écorce renouvelée. Dans les sentiers rocailleux des Alpilles, la rencontre du mystérieux Vallon
du Renard émoustille la grimpette. Tes mollets d’enfantine bergerette pavoisent sur les cailloux pentus
des collines balayées par le Mistral.Se souvenir des Peuples qui parlent avec les yeux robes mission mamans Kanak bananes poingo saveurs sucrées aubier du Niaouli.
Et te voilà de retour au Pays Bavardeur des Hommes qui jabotent avec les pies.
mardi 10 janvier 2017
Coupe dépressive
J’ai fait couper mes cheveux. Ça m’a pris. Une féroce
envie de rendre mon visage plus fréquentable. Je suis venue dans la Capitale me faire
décapiter. J’ai vu l’enseigne Coiffure pour Dames, suis entrée dans cet espace réservé aux
tondeuses meurtrières et j’ai intimé à l’assassine de me ratiboiser la tignasse.
Carré plongeant et ridicule, ébauche de frange. Pas
le visage pour, le cheveu fin, désordonné, je sais qu’un meurtre est sur le point d’être
perpétré. J’insiste. Je désire mon suicide capillaire et la souffrance qui va s’en
suivre des mois durant. Elle tranche ma commère. Ciseaux en mains, sûre de son acte
mécréant.
Mais ça vous va bien. L’ovale du visage va vous sauter à la figure
tout l’hiver. Sans compter que mon ovale manque un brin de collagène, qu’en
cette saison mon cheveu est mou comme une queue de ragondin dépressif. Funambule du rasoir, je donne raison à l’effilocheuse
reptilienne.
Un brushing ? Je vais tout de même éviter de la
laisser me transformer en playmobil.
Ma bourse est sortie allégée d’un tas de piécettes sonnantes
et trébuchantes. Page devenu, je rêve de lui faire avaler le collagène, les bajoues et l’ovale de ma
servitude.
J’attends mon Roi à la Brasserie enivrée d’un verre de vin
et de ma tristesse féodale.
dimanche 8 janvier 2017
Mots d' enfant
Silence dans la maison trois toits. Papa repeint les
volets, maman fait tinter la vaisselle à
grand renfort de casseroles.
Chutttt ! Va dans ta chambre. Arrête de traîner dans mes
pattes. Tu me fatigues.
J’ai compris.
L’univers culinaire de maman ne me
concerne pas.
Je file dans
ma chambre et m’assois en tailleur énervé devant le mange- disques. Il engloutit un Renaud. M’en fous de la
compagnie de celles qui mitonnent. Me vlà bien toute seule. Tiens. Un Alice. Lecture.
La vie
épatante des adultes ne me regarde pas. Je cuisine. Ne viens pas m’ennuyer. Tu
poses trop de questions.
Pendant que les pommes terre en robe de chambre
bouillonnent, je m’applique à sortir de mon esprit que le manche-disques
digèrera tantôt un autre microsillon zébré.
Intense plongée dans la lecture. Dévote, dévorante
passion.
Elle s’en sortira de cette façon la petite.
samedi 7 janvier 2017
Peau d'blonde
Tu m’as dit j’ai la carlingue cabossée, la peau tannée par le chagrin
lames argentées et les années. Tu m’as dit avec les mots du Levant que
le Couchant c’est pour demain. Et je me dis asti c’est bien beau la vie,
laisse pas quidams et incertains rameuter la meute. Caresse tes chats
que j' me suis dit.
Et c'est comme ça que tu m'as dit
Et c'est comme ça que j'ai compris
Et c'est comme ça que tu m'as dit
Et c'est comme ça que j'ai compris
jeudi 5 janvier 2017
L'envol
Dans la
chaleur de nos envies contrariées, les tournesols fredonnent le carillon des
cigales. Les cerises déposées dans nos jolis foulards carottés, nos têtes nos
yeux déployés vers le grand Monsieur Feu…
Moi je redeviens un peu une enfant
avec tout ça... Pfuit ! La caresse d’une fleur de pissenlit déjà évaporée
dans le vent. Et c’est fini.
Et que virevoltent
au gré de la brise nos désirs vermillon, nos boucles carmin pour faire beau sur
les oreilles, nos couronnes de marguerites alors je t’aime un peu beaucoup à la
folie. Pas du tout. Mais t’es-tu pas fou ?
J’aperçois des ailes
de valises bedonnantes éclaboussées de feuillets d’or. Un miel citron adoucira avec tendresse le temps des gorges douloureuses de nos
journées par le froid rougies.
mercredi 4 janvier 2017
Infatiguable rêveuse ( version retravaillée)
Cernes dans le miroir, petit minois fatigué. Le rêve
enjambe l’Aube. Une valse
hésitante dans les vapeurs de la brume. La rêveuse ne distingue qu’un voile vaporeux et perçoit
des chuintements indistincts. Coton secret ouate ensorcelée.
S’évader.
La nuit refuse de délaisser le lit fleuri de la dormeuse béate. L’obscurité chancèle. Ouvrir les yeux. Oublier dans la clarté orangée l’agonie de la brunante.
S’évader.
La nuit refuse de délaisser le lit fleuri de la dormeuse béate. L’obscurité chancèle. Ouvrir les yeux. Oublier dans la clarté orangée l’agonie de la brunante.
S’extirper du
tendre coussin aux plumes enchevêtrées.
La prêtresse de l’ombre tente d’éloigner le pâle croissant mais le rêve se cabre. Indomptable rossinante. Des lunes qu’elle ne hume plus le satin nocturne. L’étrangère de la nuit se transforme en funambule éveillée sur une branche chétive aux bourgeons hardis.
La prêtresse de l’ombre tente d’éloigner le pâle croissant mais le rêve se cabre. Indomptable rossinante. Des lunes qu’elle ne hume plus le satin nocturne. L’étrangère de la nuit se transforme en funambule éveillée sur une branche chétive aux bourgeons hardis.
Des mots parent ses phrases en jargon désopilant. L’imagination galopante, elle réfléchit trop
vite ou pas du tout. Propos lunaires. Embrouillamini dans les mailles du
tricot.
Comment tisonner
les rayons solaires au firmament alors que la lune enveloppe
la plongeuse ailée de son foyer candélabre ?
Inscription à :
Articles (Atom)



